Les études prévoient que le travail indépendant sera bientôt la norme. 50% des jobs aux US sont d’ailleurs, déjà en freelance.

Il est donc probable que vous soyez bientôt concerné par ce nouveau mode travail. Il existent de nombreuses façons de démarrer en auto-entrepreneur, certaines plus faciles que d’autres. Si vous avez choisi de démarrer et travailler en digital nomad à l’étranger, cet article est fait pour vous. Je vous partage les particularités, les embuches et surtout les opportunités de se lancer en tant que freelance mais « à distance ».

En 2020 il y aura plus d’indépendants dans le monde que de salariés

prédiction de Gene Zaino, le directeur général de MBO parteners, une plateforme de mise en relation de freelance et d’entreprises.

#1 Passer le cap et l’administration française avant de partir !

Derrière freelancing, il y a création d’entreprise y compris en statut d’auto-entrepreneur. Avant de faire les démarches administratives, je voulais pour ma part, partir et me laisser le temps de trouver des missions, de tester plusieurs jobs avant de me lancer. Toutefois, sur des conseils avisés, j’ai décidé de monter mon auto-entreprise avant de partir sans même savoir vraiment ce que je voulais/pouvais faire.

Ma recommandation : faire cette partie administrative avant de partir. Cela ne vous enfermera pas dans une voie. En indiquant « prestation de service » vous gardez un périmètre de missions très large. 

La création du statut d’auto-entrepreneur

N’ayez pas de frayeurs inutiles… Honnêtement la démarche de déclaration de son activité d’auto-entrepreneur est très simple et vous êtes très bien guidé sur le site du service public et l’espace dédié aux auto-entrepreneurs. Il vous suffit de remplir un formulaire en ligne et de l’envoyer au centre des formalités du lieu où vous créez votre entreprise. Toutes les démarches peuvent se faire à distance et en 2h.

Un tutoriel étape par étape pour devenir rédacteur en Freelance ici.

Localiser son entreprise : pour un digital nomad ce n’est pas simple. Cette adresse importe peu si ce n’est que vous devez pouvoir y recevoir du courrier et que vous devrez payer une taxe pour ce « local professionnel » à partir de la seconde année, même si vous ne l’occupez pas. Depuis 2019, toute entreprise réalisant moins de 5000€ de CA est exonérée. Pour les autres ce sera le minimum qui vous sera facturé en fonction de votre CA https://www.service-public.fr/professionnels-entreprises/vosdroits/F23547

Obligations fiscales et sociales de la micro entreprise

C’est un peu plus compliqué de ce côté là mais il y a 4 notions importantes à noter dans son agenda.

A RETENIR

  • 1 fois par an – en septembre pour la première année > IMPÔTS REVENUS > selon votre déclaration de Chiffre d’Affaire basée sur le revenu de mai (formulaire CERFA 2042 C pro et 2042 classique)
  • 1 fois par an – avant le 31/12 > TAXE SUR LES LOCAUX > remplissez le formulaire d’exonération CFE (1447 C) avant le 31/12 de l’année de votre lancement d’activité pour éviter de payer la première année
  • Au quotidien > COMPTABILITE > vous êtes tenus de tenir une comptabilité simplifiée (recettes perçues / achats effectués). Un simple fichier excel peut suffir ou un outil de facturation automatique.
  • Tous les mois ou trimestres > SOCIAL > faites votre déclaration de Chiffre d’Affaire pour le paiement des charges sociales (même si votre CA est nul)

TIPS : utilisez l’application mobile Auto-entrepreneur de l’URSSAF pour réaliser et payer vos déclarations, c’est très pratique surtout en nomadisme.

Pour comprendre quelles taxes vous devez payer et à quel moment, je vous vous invite à regarder cette vidéo qui est plutôt claire pour un sujet comptable peu passionant !

Le Nomadisme est-il fait pour moi ?

Le dernier cap (ou même le premier ^^) est de savoir si ce mode de vie de Freelance et Digital Nomad vous plaira. Nous vous donnons des clefs pour mener votre propre reflexion dans notre article : Devenir Digital Nomad ?

2# Créer son identité, choisir son job

C’est à peu près à ce moment là que tout commence. Et surtout que des milliers de questions vont se poser à vous :

  • Qui suisje ?
  • Comment résumer mon expérience ? (avec 4 entreprises en 7 ans dans mon cas)
  • Quelles sont mes domaines d’expertise ?
  • Quelles sont mes passions ?

Vous aurez alors l’impression d’être en bas de la montagne et de devoir tout construire. C’est un peu le cas ! Attendez-vous à frôler la schizophrénie après avoir rédigé 50 présentations/adaptations/déclinaisons de votre profil. 😱Mais c’est la loi des candidatures depuis l’étranger ou à distance. Votre présentation et vos candidatures sont vos seules armes.

  • Commencez par matérialiser qui vous êtes. Je travaille dans le design donc j’ai pu me créer mon identité visuelle. Vous pouvez très facilement faire la même chose et créer des visuels accrocheurs sur Crello par exemple ou Canva sans aucune compétence graphique.
  • Marketez votre offre : qu’est-ce que vous faites, comment vous trouver ?
  • Donnez confiance : indiquer le numéro de votre société, préciser vos modalités de paiement.
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Un bandeau pour les headers des plateformes
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Une signature personnalisée
  • Rédigez une présentation de vous qui sera le squelette. Partez tout simplement de votre Linked in. Puis, adaptez là en fonction de la plateforme et surtout en fonction de votre prospect dès que vous postulez. J’ai systématiquement personnalisé mes candidatures au début et c’est ce qui a marché.

A votre avis, laquelle des deux descriptions va le plus donner envie au client de travailler avec vous ? (Et lui faire sentir que vous vous intéressez à son projet)

3# Créer son réseau, exploiter les bonnes plateformes

Le meilleur parcours pour se lancer en freelance est de commencer dans une ville où on a du réseau, d’anciens collègues et employeurs, et de participer activement à des conférences, des événements de networking etc…

Nicolas traite ce thème en détail dans cet article : « Comment faire son marketing, se faire connaître en tant que Freelance » ?

Lorsque vous démarrez à distance en digital nomadisme, c’est une tout autre démarche. Mais finalement, il faut revenir sur les mêmes fondamentaux.

  • ETAPE 1 – Capitaliser sur son noyau dur : la famille et les amis. Partagez sur Facebook ce que vous faites. Vous imaginez que tout le monde est au courant de vos projets. Pourtant, vous verrez des gens dans votre entourage se manifester à l’annonce de votre lancement en Freelance comme s’ils n’avaient jamais su dans quoi vous travaillez. « Ah bon ? Mais tu sais faire des flyers toi ? ». C’est rarement les projets du siècle mais sait-on jamais !
  • ETAPE 2 – Mobiliser son réseau professionnel proche : ses anciens employeurs, partenaires, prestataires, stagiaires etc…
  • ETAPE 3 – Informer son réseau professionnel élargi, sur Linked in c’est le plus simple. Lorsque vous avez bordé tous les aspects légaux et que vous êtes à même de faire une facture, parlez-en à tout votre réseau. J’ai été étonnée de voir la puissance de Linked in avec presque 8 000 vues de mon post (j’ai environ 900 contacts) !
  • ETAPE 4 – partir à l’assaut des plateformes. Il en existe une multitude. Je vous conseille de privilégier les plus connues pour démarrer. Pour des missions de qualité et moyen long terme : Malt (moins adaptée au travail en remote) et Crème de la Crème. Pour des tâches à la journée ou des petits contrats (utile pour démarrer et roder son discours et ses process) : redacteur.com, graphiste.com, codeur.com. Personnalisez votre profil et rajoutez vos expériences.
  • ETAPE 5 – partir à la conquête du monde ! Elargissez les possibilités en postulant sur les plateformes internationales. C’est un véritable atout lorsqu’on travaille à l’étranger. En plus les anglo-saxons et surtout aux Etats-Unis sont beaucoup plus ouverts au travail en remote. Ils proposent des missions très qualifiées et intéressantes. Remote.com et Upwork. Moins connue : workew.com.

Pour plus d’idées de plateformes (plutôt pour les designers) voici un bel article écrit sur le sujet : https://fr.linkedin.com/pulse/5-plateformes-web-pour-trouver-des-contrats-en-design-moreau

Pensez à animer régulièrement sur vos actualités. Vous avez participé à un evenement ? Vous souhaitez vos voeux, l’heure d’un petit bilan sur vos réussites ?

Enfin, il existe beaucoup de communautés utiles et de documentation sur le sujet du digital nomadisme :

4# Faut-il tout accepter ?

Sur cette question, les sensibilités seront différentes chez chaque personne, toutefois, pour ma part, j’ai considéré au démarrage que toute expérience pouvait être formatrice. Les petites commandes du début rassurent car elles permettent de travailler. Pour l’anecdote, j’ai rédigé des footer SEO pour un site de vêtements foot sans être passionnée par le sujet. Par contre, j’ai atteint ma limite éthique le jour où j’ai postulé pour de la création de fiche produit pour des slips masculins !

C’est évidemment plus fluide et agréable de choisir des sujets qui nous plaisent comme pour ma part, le marketing digital, le management ou encore le voyage.

Concernant le niveau de qualité à fournir, je pense qu’il faut aussi adapter ses efforts en fonction du client :

  • mettre les bouchées doubles et soigner les clients récurrents
  • être moins perfectionniste et plus efficace sur les commandes one shot via une plateforme

Lorsqu’on devient freelance, tous les outils et méthodologies réconfortantes et confortables qu’on utilisait dans sa précédente entreprise disparaissent. Cela peut paraître effrayant au début mais c’est aussi l’occasion d’avoir une totale liberté pour créer ses propres livrables. Quelques exemples :

  • choisir un outil de facturation, également pour ses propositions commerciales (facture.net)
  • créer un template de cahier des charges
  • un reporting type d’animation social media
  • choisir un outil de collaboration avec ses clients : Slack / Skype / InVision

Pour trouver les bons outils, consultez le très bon article d’Independant.io sur les Outils indispensables et gratuits du micro-entrepreneur.

5# Comment garder du lien social ?

Le mythe du surfeur designer solitaire ou du geek au fond de son garage n’existe pas. Un freelance est avant tout un humain et un être social. En choisissant ce mode de travail, l’enjeu est d’équilibrer la « perte » de l’environnement auquel vous aviez naturellement accès en entreprise. Il existe de nombreux moyens d’y arriver. 

Les réseaux sociaux et outils collaboratifs

Je vais souvent sur Linkedin pour voir les évolutions de chacun, pour prendre des nouvelles et commenter des actualités de mon réseau. Au hasard de discussion avec d’anciens managers, on peut parfois décrocher de jolis contrats. 

Il existe de nombreuses communautés de Freelance également. Elles permettent de consulter des questions que l’on se pose tous, de partager des galères ou encore des opportunités business. La communauté de Crème de la Crème (groupe Facebook privé) est le parfait exemple d’un réseau engagé où on se sent libre de participer et échanger.

Les outils de communication sont également de bons moyens de rester connectés. Skype pour les échanges, Slack pour les flux thématiques pour la veille, Facebook messenger et Whatsapp pour les messages rapides du quotidien.

En travaillant à distance, on apprend aussi à faire sa veille en remote. Par exemple, je reçois souvent des sollicitations sur Linkedin pour tester des outils ou des plateformes. Je joue le jeu et cela me permet de rester en lien avec les innovations sans pour autant participer physiquement à des salons, des meet up ou des afterwork networking.

Pour la concentration et éviter le mal du pays, travaillez au son de la Playlist du Digital Nomad !

Les Coworkings

Les coworking sont un excellent vecteur de sociabilité. Que vous y restiez un mois comme pour nous au Dojo Bali ou bien juste une journée en « Hot desk » comme à Dunedin, vous êtes certain de voir du monde et de faire de belles rencontres. Chaque espace de travail est différent et les freelances ou digital nomades sur place seront tous dans des métiers et des situations différentes. Cela créé la richesse de ces lieux où l’ambiance est propice à la concentration et à la créativité.

6# Comment créer sa routine et s’adapter au nomadisme ?

Lorsqu’on devient digital nomad, l’idée du 9h-19h dans un bureau bien chauffé et lumineux s’éloigne… pour laisser place à l’image du freelance les pieds dans la piscine son Mac pro sur les genoux. Disons que la vérité se situe au mileu de ces deux « clichés ».

Le cadre de travail du digital nomad

Ce n’est pas nécessairement votre bureau qui compte ce sont un ensemble de choses qui créé une atmosphère propice au travail. Du calme, une bonne posture et surtout… une bonne connexion internet ! Avec cette formule magique, une Laverie à 9h du soir peut potentiellement se transformer en lieu rêver pour travailler. Privilégiez les Bibliothèques, les cafés et les corworking évidemment. Une bonne liste de coworking et cafés est disponibles sur Nomad list.

Un point clé : être dans de bonnes conditions lors des échanges téléphoniques. C’est le plus gros enjeu notamment pour des rendez-vous avec des prospects. Cela peut-être rédhibitoire pour le client (et on le comprend), s’il ne vous entend pas, que votre connexion coupe ou que des personnes hurlent derrière vous ! Des skype rooms existent dans tous les coworkin. Investissez également sur un bon casque audio insonorisant.

Le planning du freelance

Lorsqu’on démarre en tant qu’indépendant, il est essentiel de se récréer une routine de travail. Le challenge en travaillant remote comme digital nomad est celui du décalage horaire. L’idéal est de choisir des pays dans une distance de 6 à 8h de décalage maximum du pays avec lequel vous travaillez le plus.

Cela offre l’avantage d’avoir une matinée très productive sans être pollué d’emails et sollicitation. L’après-midi est dédiée au call, réunion et échanges sur les productions. Nous avions ce fonctionnement à Bali qui était très appréciable.

Il vous reste des questions ou l’envie de discuter ? Ecrivez-vous en commentaire !

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